Royal du Perron
Lundi, 5 avril 2010
par Royal du Perron
 

VLB

Opinion - Sur la laïcité

 (NDLR) Beaucoup de gens, d’organismes et de personnalités ont exprimé récemment leur point de vue respectif sur la laïcité, qu’elle soit ouverte ou fermée, ou quelque part entre les deux. ZoneCulture s’intéresse de près à la chose publique et aime accorder de l’espace aux écrivains et artistes qui, loin des hommes et femmes politiques, ont leur franc-parler.  Voici l’opinion de l’un d’eux. Les sous-titres sont de nous. :

Le 30 mars 2010

Quand on parle de laïcité ouverte, c'est de l'hypocrisie pure et simple  parce que la laïcité ouverte n'est rien d'autre que ce qui existe déjà.  Moi qui ne crois pas à ce monde tordu des croyances, je lutte depuis 1964  pour la laïcisation du Québec parce que toutes les religions ne sont plus  que de la pourriture. Que Jean Charest, le Bloc québécois et Québec Solidaire ne comprennent pas que les Églises sont un cancer qui a tué et  continue de tuer plus de monde que toutes les guerres (dont elles sont  presque toujours l'origine d'ailleurs), me sidère. Qu'ils considèrent que  le catholicisme constitue l'une des valeurs fondamentales de notre  société, alors que notre l’Église a vendu son âme au diable anglais et l'a  servi lâchement pour mieux faire de nous une sous-humanité, me répugne.  Qu'il y ait toujours un crucifix à l'Assemblée nationale du Québec et  qu'on tienne à l'y voir rester, dit bien jusqu'à quel point nous sommes sado-masochistes et névrosés.

Deux poids, deux mesures

Quand Radio-Canada fait appel à un professeur  d'université d'ascendance juive, soi-disant agnostique, mais défendant la  laïcité ouverte, voilà ce que j'appelle un détournement d'information,  surtout si le savant professeur est là pour me faire croire que les signes religieux ne constituent pas en soi un prosélytisme, que porter la croix  chrétienne au cou, les bouclettes juives de chaque bord des oreilles, le  kirpan à la ceinture et le foulard islamique dessus la tête, sont tout à fait admissibles, aussi bien dans l'espace public qu'ailleurs, ce n'est là que de la perversité. Du temps que je militais activement pour  l'indépendance du Québec, que je portais un macaron du RIN ou du Parti  québécois au revers de ma veste, on refusait que je les porte dans les  maisons d'enseignement et dans toutes nos institutions parce que, me  disait-on, du seul fait de les arborer, je faisais du prosélytisme.  Pourquoi ce qui est vrai en politique ne l'est plus lorsqu'il s'agit de  religion?

De beaux ghettos

Quand Amir Khadir et Mère Theresa défendent la laïcité ouverte,  soi- disant parce qu'elle permet aux immigrants de mieux s'intégrer, quel  retournement de sens! De la même espèce que celle qui essaie de nous faire  croire que Montréal est une ville interculturelle! Les Juifs ne sortent  pas de leur ghetto, pas plus que les Chinois, les Musulmans, les Grecs ou  les Anglais : ils ne communiquent même pas entre eux! Comment peut-on  faire semblant de penser qu'ils le font avec la nation québécoise et  française, qu'ils s'intéressent à notre culture? Nous lisent-ils?  Écoutent-ils notre musique? Voient-ils notre cinéma? Notre théâtre? La  réponse, c'est : non, pantoute! Ce qui explique que Montréal est devenue  au nom des accommodements déraisonnables (langue, éducation, travail) une  ville de ghettos, et c'est l'une des raisons pourquoi les francophones la désertent de plus en plus. Quand le maire (Gérald) Tremblay croit qu'il suffira de  quelques raccommodements financiers pour que les francophones repeuplent la nécropole, il prend sa vessie pour une lanterne! Il ne comprend surtout pas l'écœurement des francophones qui, eux, ne peuvent pas se servir des chartes des droits et libertés pour revendiquer les leurs! Le sionisme du Conseil juif désormais québécois (quelle hypocrisie encore!) est là pour nous en donner la preuve tous les jours!

Un combat perdu ?

Quand on veut que je me définisse  par rapport aux autres, quand les musulmans, les chrétiens, les juifs et  tous les autres fous de Dieu considèrent qu'il n'y a que moi à avoir des  devoirs puisqu'eux ont tous les droits, et que ces droits-là sont pour  tout dire divins, je hurle qu'il est temps qu'on reprenne ce combat pour  la vraie laïcité, qu'on croyait avoir gagné, mais qui, dans mes mauvais  jours, me paraît être un combat qu'on a désastreusement perdu parce que,  au nom de la politique sale, veule et aliénée, on a laissé notre langue et notre être se corrompre et se pervertir au point que voilà où nous en  sommes : à laisser les autres nous imposer ce que nous devrions être,  c'est-à-dire les larbins de leur fanatisme. Quand on ne sait pas encore  que Dieu est mort, que les Églises sont de grandes salopes et les  religions la négation de toute civilisation, on reste dans le trou noir de  son obscurantisme, on n'écoeure pas les autres avec!

Victor-Lévy Beaulieu
Trois-Pistoles, Québec
vlb2000@bellnet.ca

 

Photo : Radio-Canada

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