27 juin, 2007 par Royal du Perron


Ce n’est pas le genre de pièce qu’on présente habituellement dans un théâtre d’été. Le texte de François Archambault, à mon avis, n’est pas son meilleur non plus.

Après un préambule nébuleux, on se retrouve devant une Miss Banlieue devenue vedette de télévision. Cette jolie personne – qui n’en est pas une -  fait l’envie (ou la pitié, c’est selon) de deux terroristes paumés se donnant pour mission de la martyriser. On aura deviné  la raison : la société fait fausse route en misant sur des valeurs artificielles comme la beauté.  Ces gens « aux-petits-cerveaux », passablement laids voudront punir les gens beaux et célèbres.  Comme quoi l’enfer est souvent pavé de bonnes intentions. 

Si cette histoire de « terrorisme-à-la-petite-semaine » laisse pantois, les prouesses des comédiens sont réglées au quart de tour.  Patrice Bélanger (450, chemin du Golf) campe un grand niais, prêt à obéir aveuglément à toute forme d’autorité. Cet être insignifiant se refuse à l’amour mais l’amour n’est-il pas plus fort que tout ?

Christine Beaulieu (Ma fille mon ange) incarne son personnage de chef terroriste en dictant des ordres plus férocement qu’un colonel d’armée.  Si cette façon de procéder rend justice à l’idée originale de l’auteur, je ne suis pas sûr que tous les spectateurs apprécient cette livraison du texte, un fort  irritant quant à moi.   Mais ce personnage de « garçon manqué » donne à la comédienne l’occasion de se transformer au point d’en être méconnaissable.

Patrice Dubois (Les poupées russes) livre ici un tour de force en incarnant des personnages fort colorés avec une dextérité peu commune. Il fait habilement ressortir le caractère original de chacun en alternant de l’un à l’autre en moins de deux.

La mise en scène de Stéphane Bellavance, par ailleurs efficace, n’a pu être complétée. Ce dernier – heureux papa d’un héritier  en cours de répétition – a offert au camarade Olivier Aubin de prendre la relève durant un mois.

Tous les jours, les actualités télévisées regorgent d’activités terroristes, de soldats armés, d’attentats, de prise d’otages et de torture.  Avons-nous vraiment besoin d’un théâtre d’été pour nous sensibiliser à cette calamité de notre époque ?


Les producteurs Mathieu Beregeron et Stéphane Bellavance
entourent les comédiens Patrice Bélanger, Christine Beaulieu et Patrice Dubois.

Adieu Beauté de François Archambault, avec Patrice Bélanger, Patrice Dubois et Christine Beaulieu, au Théâtre des Marguerites de Trois-Rivières jusqu’au 1er septembre.

Billets : 1 877-224-3625

Pour en savoir plus : www.theatredesmarguerites.com

Photos et vidéos : Mario Landerman