Mario Landerman
Mercredi, 13 octobre 2010
par Mario Landerman

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A View from the Bridge

A View from the Bridge : les passions au microscope

 

La pièce A View from the Bridge, se veut un, pour employer un terme de la langue de Shakespeare, sleeper hit de la saison théâtrale d’automne, toutes langues confondues.


Une histoire des plus simples, d’Arthur Miller, montée par Diana Leblanc, qui demeure l’équivalent d’un coup de poing au plexus solaire.  Ses thèmes, centrés autour de l’amour, la jalousie et la vengeance, trouvent un écho encore aujourd’hui.


A View from the Bridge est l’histoire d’Eddie Carbone, autour duquel gravite sa femme, Beatrice, et leur nièce orpheline, Catherine.  Le jour où débarquent deux cousins, ayant laissé l’Italie pour l’Amérique dans l’espoir d’une vie meilleure, la façade respectable de la famille Carbone se fissure de partout.  Le résultat dévoilera les passions qui régissent le patriarche, et le feront commettre de grandes fautes.  Tout cela au nom de ses notions tordues du respect, de l’honneur et de la justice.


Il s’agit ici de la seconde version de la pièce, montée de main de maître par Diana LeblancArthur Miller avait d’abord pondu une version originale, en un seul acte, en 1955 pour finalement créer celle que nous avons vue au Centre Segal.

 

Eddie Carbone


La distribution, des plus nombreuses pour une pièce aussi intime, m’a révélé des acteurs des plus intéressants à surveiller dans leurs futurs projets.  C’est le cas notamment de Tal Gottfried, qui incarne la nièce des Carbone avec un tel naturel qu’on croit vraiment voir une adolescente des années 50, venue du passé jusqu’à nous.  Mais il ne fallait rien de moins pour compléter cette cellule familiale, dirigée par Tony Nardi et Giovanna Carrubba.  Nardi, un homme de théâtre des plus prolifiques, sait prendre toute la place qui lui revient, sans toutefois voler la vedette comme c’est parfois le cas.  Cela permet ainsi aux autres acteurs de briller dans leurs rôles respectifs.


Giovanna Carrubba (Beatrice) donne la réplique à son Eddie avec toute la ferveur qui sied à la femme d’un italien, sans jamais se cantonner dans un rôle servile, comme cela arrive encore trop fréquemment.  Giovanna, actrice versatile, sera familière à ceux qui ont vu le film Mambo Italiano, où elle y incarne une psychiatre.

 

Tal Gottfried and Marc Bendavid


Les deux cousins, Marco et Rodolpho, ont eux aussi leurs moments de gloire, mais à des niveaux différents.  Marc Bendavid, qui incarne le beau Rodolpho dont va s’éprendre la nièce d’Eddie, maintient une présence constante dans la pièce.  Howard Rosenstein, sous les traits de Marco, se fait plus discret, mais bénéficiera d’une scène mémorable à la fin.


Le reste de la distribution comprend deux officiers de l’immigration, courtoisie de Glen Bowser et Raphaël Grosz-Harvey.  Des amis débardeurs d’Eddie apparaissent à l’extérieur dans certaines séquences. 

 

Alfieri

 

Sans oublier le fil conducteur de l’histoire, celui qui établit le lien entre les diverses scènes, Alfieri, incarné par Vlasta Vrana.


Michael Gianfrancesco et James Lavoie sont respectivement responsables du décor et des costumes.  J’en ai particulièrement aimé et remarqué la qualité, mais surtout la sobriété, laquelle est si bien de mise dans ce genre de pièce.  Certains diraient que c’est trop conservateur, mais ce serait mal connaître le théâtre anglophone que de parler ainsi.  À mes yeux, l’ensemble décor et costumes était parfait.  Une mention spéciale pour les petites touches à l’extérieur du décor principal, qui suggère l’aspect délabré du quartier où les Carbone vivent.  La musique de Christian Thomas appuie le tout avec sobriété.


La pièce est jouée en anglais, ce qui pourrait présenter un handicap pour certaines gens.  Mais comme les passions sont universelles, pourquoi alors ne pas en profiter?

 

 


Avec  Tony Nardi, Vlasta Vrana, Tal Gottfried, Giovanna Carrubba, Marc Bendavid, Howard Rosenstein, Daniel Brochu, Lou Vani, Johnny Sa, Glen Bowser, Raphaël Grosz-Harvey, Alex Gorchkov et Manuel Sinor, mise en scène de Diana Leblanc, musique de Christian Thomas, costumes de James Lavoie et décor de Michael Gianfrancesco.


A View from the Bridge, au centre Segal jusqu’au 24 octobre.


Pour en savoir plus : http://www.segalcentre.org/site/en/segal_theatre/productions/a_view_from_the_bridge/


Photos : Randy Cole
Vidéo : Centre Segal

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