15 septembre 2007 par Mario Landerman


Bonne nuit, je pars

Une très bonne pièce qui mérite un meilleur sort.

Bonne nuit, je pars est une pièce qui dérange à prime abord.  Premièrement son sujet traité, le suicide, lequel met toujours mal à l’aise.  Mais c’est aussi l’histoire d’une relation particulière entre mère et fille.


Une scène de Bonne nuit, je pars

La pièce commence lentement, mais c’est seulement le calme avant la tempête des émotions qui s’empare des deux protagonistes.  Jessie (Pascale Delhaes) veut se suicider.  Elle en avise sa mère.  Cette dernière est contre le projet de sa progéniture.  Mais là où on devrait normalement être en accord avec l’opinion maternelle, on se découvre, au fil de la pièce, acquiescer de plus en plus avec la fille, et son funeste plan.  On découvre peu à peu qu’elle est parfaitement rationnelle, et que sa décision est mûrement réfléchie.  On découvre aussi l’envers de la médaille chez la mère, ce qui nous surprend à nous dire qu’à la place de Jessie, oui, on s’enlèverait la vie.


Pascale Delhaes et Jeanne Ostiguy ont fait faire
le tour du propriétaire à ZoneCulture. D'abord la cuisine...


...et le salon


La complicité est très forte entre les deux comédiennes

On sent la complicité qui émane des deux actrices de ce drame, Pascale Delhaes (Annie et ses hommes, L’Auberge du chien noir, l’Âge des ténèbres) et Jeanne Ostiguy (Les sœurs Elliott, Tout sur moi, Contre toute espérance) qui incarnent Jessie et sa mère, respectivement. 

Ce drame porte à réfléchir sur le sujet du suicide, ainsi que sur les relations qui dérapent entre parents et enfants.  Nul doute que voir cette pièce va provoquer quelques discussions à la sortie du théâtre.  Malheureusement, certaines de ces discussions vont peut-être porter sur la faiblesse majeure de celle-ci.

En effet, la salle où on joue Bonne nuit, je pars est mal adaptée.  Je comprends que le théâtre de l’Esquisse dispose de peu de moyens, mais j’ai rarement vu des sièges aussi mal placés.  Les gens qui ont bénéficié au maximum de la pièce étaient assis aux deux premières rangées.  Non seulement tous les sièges sont au même niveau, mais en admission générale, il est très malheureux que les grandes personnes obstruent la vision des spectateurs de moindre stature.  Cela gâche la soirée et c’est vraiment dommage, car cette pièce mérite un meilleur lieu, tel le théâtre d’Aujourd’hui.

Je recommande chaudement ce drame.  Mais faites-vous attribuer des sièges potables, car autrement, vous ne pourrez tout voir.

Bonne nuit, je pars.  Avec Pascale Delhaes et Jeanne Ostiguy de la compagnie Écart de conduite.  Mise en scène de Marie Charlebois, sur un texte de Marsha Norman et une traduction de Suzanne Aubry.  90 minutes, sans entracte.  Du 13 au 29 septembre 2007, au théâtre de l’Esquisse, 1650 Marie-Anne est.

Pour en savoir plus : Réservations : 514-686-7097

Photos : Mario Landerman, sauf la première et la dernière.