17 octobre 2007 par Royal du Perron



Les Dianalogues

En souvenir d’une chère princesse

Le Théâtre Bilingue de Montréal a présenté récemment sa production inaugurale en explorant le monde des femmes à travers le prisme du mythe de la Princesse Diana.  Un conte de fée, terminé tragiquement, mais qui sert de fil conducteur à divers personnages féminins évoluant dans une dizaine de tableaux.

La pièce, écrite en 2003, a d’abord été jouée à Chicago où réside l’auteur,  la dramaturge américaine Laurel Haines. Les Dianalogues, présentés en première canadienne, au TBM ont été adaptés en version bilingue pour le public montréalais par la fondatrice du ce théâtre, l’actrice Elsa Perez.

Dans une mise en scène sobre et dépouillée de Jacqueline McClintock, les comédiennes, Greta Papageorgiu et Elsa Perez, avec quelques accessoires seulement, font rire et émeuvent tour à tour leur public dans cette série de sketches très réussis.

J’ai découvert avec bonheur ces deux actrices. Alors que Perez a étudié et travaillé à Chicago, Paris et Montréal, Papageorgiu (This is a Play, Herky Jerky) a été théâtralement formée au Neighborhood Playhouse de New York et ici au module théâtre à McGill.   Son interprétation de Diana est un précieux bijou sorti tout droit d’un écrin royal.  Outre cette icône planétaire remplie de charme et de candeur, la comédienne incarne habilement plusieurs autres personnages. Quant à Perez, cette actrice de 29 ans a la chance d’avoir un casting très large, allant de la fillette (j’allais dire la bambine) à la femme d’âge bien mûr.  

Le spectateur passe par toute une gamme d’émotions avec ces personnages féminins, drôles, attachants, parfois absurdes ou contradictoires. Ces femmes de tous âges et toutes conditions sociales évoluent tour à tour en anglais et en français dans des univers à l’humour fin, subtil et parfois caustique.

La pièce d’une durée d’une heure et dix minutes sans entracte passe à la vitesse de l’éclair et le public réagit bien dans ce théâtre bilingue au cœur du Plateau Mont-Royal. Cette heureuse initiative offre un autre rapprochement réel et tangible entre ce qu’on appelle parfois les deux solitudes.

Théâtre de l’Esquisse, 1650, rue Marie-Anne est, Montréal (514) 527-5797

Pour en savoir plus : http://www.theatredelesquisse.qc.ca/

Photos et vidéos : Mario Landerman