Royal du Perron
Vendredi, 13 août 2010
par Royal du Perron

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La Duchesse de Langeais

La Duchesse de Langeais : une mise à nu salvatrice


Il aura fallu 3,7 tonnes de sable pour transformer la scène du Studio-théâtre en plage du Sud. Mais la teinte de celui-ci révèle que l’action se déroule plutôt en Floride que dans les Caraïbes.


C’est une toute nouvelle version de la pièce de Michel Tremblay que nous offre Francis Bourgea dans ce texte mis en scène par Rita Lafontaine.

 

La Duchesse de Langeais 1


Nouvelle version, oui. On y retrouve une duchesse deux fois plus jeune que celle imaginée par Tremblay à l’origine. Là-dessus, saluons la flexibilité de l’auteur. Il a accepté que son texte soit adapté pour les besoins de la cause. Tout comme il avait accepté que Denise Filiatreault ajoute le personnage de Vovonne aux compagnes de Laura Cadieux dans les long-métrage et la télésérie. Tout comme il a accepté que Les Belles-sœurs soient lues par diverses personnalités –  qu’elles soient aussi transformées (magistralement – il faut le dire) en théâtre musical.


Le clown est triste

 

La Duchesse de Langeais 2


Sur scène, on assiste à une Duchesse en pleine déconfiture. Elle se maquille outrageusement pour devenir une sorte de clown. Elle boit pour noyer sa peine. Une peine d’amour dont elle se croyait immunisée.  Elle qui a abondamment baisé sur tous les continents (sauf l’Océanie – elle ne l’a pas trouvé), elle qui a vécu plus que toute autre, elle s’est fait prendre dans le détour : un petit jeune de 19 ans, bourreau des cœurs, la fait souffrir. L’histoire pourrait être assez banale et pourtant, non, c’est un drame déchirant. On réalise soudainement que ces grandes folles-là ont un cœur. Et Rita Lafontaine a su diriger avec adresse les déplacements, les mouvements et aussi les moments d’éclats que la duchesse peut exprimer.  Aussi, l’apport d’un personnage muet rempli de compassion, est considérable. Ce jeune homme au pas mesuré est magnifiquement interprété par David Marcel.


Une mise à nu pudique

 

La Duchesse de Langeais 3


Édouard, c’est bien le nom de la Duchesse, lui qui a fait la gaffe autant comme autant, ce soir, se regarde franchement dans la glace, celle du quatrième mur. Il constate l’échec et la douleur de vivre.  C’est la nudité du corps et de l’âme juxtaposées. Une nudité nécessaire parce salvatrice.  J’ai aimé cette approche. Elle se réclame d’une recherche de vérité profonde comme toujours vécue chez les grandes âmes.  Francis Bourgea a su livrer les moments de doute et d’angoisse avec grande justesse.  Mais la pièce n’est pas que triste, on y rit beaucoup. Ce qu’elle peut être drôle, cette duchesse, surtout quand elle bitche au sujet des «filles» de la CBC ou encore qu’elle rit d’elle-même.  Mais au fond, on assiste ici à l’histoire d’un homme qui a souffert et qui souffre cruellement car les flèches de Cupidon lui ont percé le cœur.

 

 


La Duchesse de Langeais de Michel Tremblay, mise en scène par Rita Lafontaine, avec Francis Bourgea et David Marcel.  
Au Studio-Théâtre de la Place des Arts, jusqu’au 14 août.


Deux représentations le samedi 14 août : 14h et 20h

 

Photos : Éric Beauséjour
Vidéo : Mario Landerman

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