13 avril, 2007 par Royal du Perron


L’envie

Rélexions sur l’amour et la fidélité

Deux couples, quatre personnages, une climat plutôt gênant. L’envie, comme dans «J’ai envie de toi». Pourquoi ne pas faire un échange de couples puisque le désir s’est installé mais est-ce vraiment la bonne voie à suivre, s’interroge Patrick (Steve Laplante). Sa blonde Isabelle (Catherine-Anne-Toupin) et leur couple d’amis, Annie (Catherine Proulx-Lemay) et David (Guillaume Champoux) sont pourtant parfaitement d’accord.  Après réflextion, pourquoi pas dira Patrick qui a désiré Annie lorsqu’il était collégien. Mais une liaison préalable entre David et Isabelle viendra fausser la donne.

Les personnages vivent dans un monde vide, désespérant, et pour se donner des sensations fortes, vont traverser le mur  de l’échangisme.  Mais quand on joue avec le feu, finit-on par se brûler ?

La pièce du Théâtre Ni plus ni moins a sa raison d’être dans un mode en quête d’identité.   Les deux hommes, des amis d’enfance finiront par se détester, se crier des noms car le jeu de convoitise et de séduction des femmes viendra brouiller les cartes.   Les pulsions sexuelles sont exploitées d’habile façon chez ces adultes responsables qui ont l’air d’ado attardés.

Un décor minimaliste où les spectateurs sont littéralement collés sur scène.  Les quatre comédiens porte cette pièce avec bonheur.  Une grande précision dans le détail, des échaînements réglés au quart de tour, une technique sans faille : un tour de force pour un soir de première.  Il faut dire que la pièce jouée à l’automne 2005 est ici reprise avec la même distribution.

On a parlé de voyeurisme et d’exhibitionisme.  Au contraire, j’ai trouvé la pièce tout en retenue. L’impudeur, s’il en est, serait plutôt située dans les dialogues car le langage est cru par bout.  Mais bon, on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs.  J’ai été amusé de voir la réaction des deux dames assises près de moi dans la première rangée, avec qui j’ai fait des blagues avant la représentation.  En quittant, j’ai cherché en vain leur réaction mais elles sont restées muettes, refusant de commenter.  Comme quoi Toupin a frappé dans le mille. 

Un spectacle bien rodé, qui porte à réfléchir sur le sens de l’amitié, de la fidélité et de l’amour.  Avec des sentiments teintés de bravoure mais aussi de culpabilité et de remords. Une soirée qui passe trop vite car le jeu est excellent et les thèmes abordés, d’une grande richesse. 

L’envie de Catherine-Anne Toupin, avec Steve Laplante, Catherine Proulx-Lemay, Guillaume Champoux et Catherine-Anne Toupin. Mise en scène Frédéric Blanchette. Production du Théâtre Ni plus ni moins.

Salle Jean-Claude Germain du Théâtre d’aujourd’hui, jusqu’au 28 avril.

Pour en savoir plus: Réservations : 514.282.3900