Royal du Perron
Lundi, 18 janvier 2010
par Royal du Perron
 

Affiche

L’espérance de vie des éoliennes : fantômes et poésie


Beaucoup de poésie dans cette pièce de Sébastien Harrisson où Antoine Lebel, (Luc Bourgeois) un jeune ingénieur se rend en Gaspésie pour régler un problème technique avec des éoliennes car l’une d’elles tourne en sens contraire.

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Cet ingénieur logera dans une maison inhabitée depuis longtemps, louée par Jeanne d’Arc (Danielle Proulx), une enseignante à la retraite, une femme bien ancrée dans le terroir et les traditions ancestrales. Cette maison aux chevrons échevelés accueille parfois furtivement Clément (Dany Boudreault), fantôme poétique, âme errante d’un jeune prêtre décédé.

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Doté de sa caméra web, le jeune ingénieur communique souvent avec sa femme Laure (Catherine-Anne Toupin), restée à Montréal.  La jeune épouse se désespère de tomber enceinte alors qu’Antoine, un brin libidineux, voudrait plutôt asseoir sa carrière avant de fonder une famille. Intéressant ce dialogue, cet échange du personnage sur scène avec l’image virtuelle, projetée sur écran, alors que la comédienne reste en coulisse.

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Il y a aussi une jeune fille «adoptive», Liang (Mélodie Lapierre) qui se dit veuve à l’âge de 13 ans parce que son copain de clavardage est décédé.  Elle meurt aussi et les circonstances de l’accident ne sont pas claires; on comprend qu’elle a pu se jeter du haut d’une falaise. Un second fantôme viendra donc hanter l’ingénieur.


Une histoire assez longue (une heure et 40 minutes sans entracte) qui épouse plusieurs directions. Il y a des divagations, des dialogues parfois drôles, des pensées furtives, d’autres plus profondes, de la poésie. Difficile, dans les circonstances, d’y trouver son compte.

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Dany Boudreault livre son texte de façon mécanique mais c’est peut-être un choix éditorial. La jeune Mélodie Lapierre joue en mâchant ses mots de sorte qu’on en manque un sur trois, ce qui exige un effort soutenu pour bien suivre la pièce.  Par ailleurs, Catherine-Anne Toupin et Danielle Proulx incarnent fort bien leur personnage respectif et Luc Bourgeois est merveilleux dans la peau de ce jeune citadin transplanté dans un environnement pour le moins étrange.

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Dans cette pièce, les fantômes paraissent et disparaissent sous la baguette magique du metteur en scène, Frédéric Blanchette. Chaque personnage porte son drame pas toujours bien défini et c’est un peu comme si on allait dans toutes les directions. Des applaudissements polis ont clôturé cette pièce qui se veut la juxtaposition de deux mondes : le terrien séculaire et le techno satellitaire.


Chez Duceppe jusqu’au 6 février


Pour en savoir plus : www.duceppe.com

 

Photos : François Brunelle 514.937.9746

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