Mario Landerman
Jeudi, 4 novembre 2010
par Mario Landerman

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

 

Paul Ahmarani

Exécuteur 14 : les pas si belles histoires de l’oncle Paul


Les projecteurs éclairent Paul Ahmarani.  Seul sur scène, au milieu d’un décor apocalyptique, il va nous raconter son histoire. 


Sa jeunesse, vécue sans trop de problèmes, avec en filigrane une tension montante entre deux groupes, les Adamites et les Zélites.


Puis, la guerre civile.  L’adolescent regarde passer les événements avec une certaine innocence, qu’il ne pourra garder très longtemps.  Prendre parti pour un clan ou l’autre devient pratiquement une condamnation à mort, qui vous suit partout.  Malgré tout, il apprend à déjouer les bombes, les interdits, à se promener malgré la menace omniprésente d’une balle ou d’une mine perdue.


Mais la tragédie va le rattraper, et le briser.  L’homme trouve refuge dans une forme de croyance religieuse, laquelle va le mener dans les bras de son groupe, afin d’exterminer les Zélites.  Il prend alors plaisir à cette boucherie, en guerrier fanatique qu’il est devenu.


Il se questionne sur son identité.  Il revoit le dernier refuge de survivants, et l’arrivée de ces machines à tuer, les Exécuteurs.  Il attend aussi la fin de sa vie d’unique survivant de l’hécatombe.


Cette pièce est une création d’Adel Hakim, lequel, de par sa nationalité égyptienne et ses voyages, notamment au Moyen-Orient, est particulièrement bien placé pour écrire le texte des plus dérangeants d’Exécuteur 14.


On demeure malgré nous pris dans la tourmente évoquée par le talent de conteur de Paul Ahmarani.  Et ce n’est pas une petite affaire que de maintenir l’intérêt d’une salle complète avec une histoire aussi sombre.

 

Exécuteur 14


Ahmarani est aidé ici d’un superbe décor, signé Josée Bergeron-Proulx, qui n’a rien à envier à des productions cinématographiques sur le thème de l’apocalypse.  La mise en scène de Peter Batakliev, minutieuse, permet de tirer tout l’effet dramatique fourni par les éléments qu’il dirige.  Mais l’âme de cette pièce demeure l’acteur, qu’on voit littéralement craquer, au fil de son histoire.


On sort de la salle bouleversé, tentant de mettre de l’ordre dans les sentiments qu’inspire la pièce.


Exécuteur 14 à l’affiche à l’Usine C n’est pas pour tout le monde.  Mais on se doit de voir la performance de Paul Ahmarani, seul sur scène pendant plus d’une heure, dans une histoire qui prend aux tripes.


Exécuteur 14, d’Adel Hakim.  Avec Paul Ahmarani, dans une mise en scène de Peter Batakliev.  Une production du Théâtre Décalage en codiffusion avec l’Usine C.  Jusqu’au 13 novembre.

 

Pour en savoir plus : http://www.usine-c.com/fr/10-executeur-14.html

 

Photos : François Gélinas

©2010, zoneculture.com--Tous droits réservés