Royal du Perron
Jeudi, 14 juillet 2011
par Royal du Perron

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La Déprime

La Déprime : de la temporalité de l’œuvre


La Déprime, c’est la pièce que France Pilotte du Théâtre Fracas a choisi de présenter cet été à l’île St-Bernard-de-Châteauguay. Une comédie assez loufoque, brodée de saynètes, drolatiques la plupart du temps. L’action se situe dans un terminus d’autobus au début des années ’80.  C’est à la fois trop loin pour en faire une pièce contemporaine et trop rapproché pour en sortir une pièce d’époque. 

C’est pourtant le pari qu’a fait le metteur en scène Patrice Coquereau de conserver les anachronismes de la pièce d’origine. Il en résulte des rires moins spontanés, plus rares et moins nourris. Des rires un peu forcés, comme s’il fallait un temps d’arrêt au spectateur pour digérer le décalage de la pièce. Si l’époque des ponchos est révolue, par contre, le gars ben stone qui se ballade les yeux en orbite est toujours d’actualité.  Mais le petit couple qui s’en va en week-end à Ottawa pour solidifier son union? Peut-être.  Il y a de nombreuses redites d’un autre âge. Une fois le mécanisme compris, nul besoin de répéter la scène sous un autre registre. À mon avis, on aurait eu intérêt à couper quelques scènes et resserrer le tout pour le situer en 2011.  


Chaque comédien défend bien ses nombreux personnages mais certaines farces sont largement éculées. Diane Lavallée avait parfois quelques relents de la Thérèse lunatique qu’on a bien connue.  Jeff Boudreault était juste dans le rôle du futur marié mais certains de ses personnages se rapprochaient un peu de la caricature. France Pilotte jouait parfois de façon gutturale : sa cheffe syndicale ressemblait davantage à une gardienne de prison.  Quant à Pierre-Alexandre Fortin, il était crédible et juste dans tous ses personnages, fort variés au demeurant. Point fort à tous : les innombrables entrées et sorties de scène réglées à la fraction de seconde; pareille prouesse mérite d’être soulignée. En ce soir de première médiatique, le public a témoigné de son appréciation par de longues ovations debout et Madame la Mairesse Nathalie Simon était bien contente.


Des lieux bucoliques pour la détente et la relaxation


Signalons au passage la qualité des lieux où La Déprime est présentée.  Pour ceux qui ne connaissent pas l’endroit, c’est un passage obligé pour quiconque aime la quiétude et la tranquillité dans une île enchanteresse. Il faut arriver en après-midi pour se balader sur le vaste terrain soigneusement aménagé, bordé de pelouses bien taillées, de nombreuses balançoires, d’arbustes de toutes sortes, de généreux pommiers, d’arbres centenaires, sans compter les eaux cristallines qui entourent le magnifique îlot. Après s’être gorgé le cœur de cette nature généreuse, on entre au Manoir d’Youville pour le repas trois services qui précède le spectacle. Une table digne de mention et un service courtois permettent de passer des moments fort agréables avant la représentation.



La Déprime de Denis Bouchard, Rémy Girard, Raymond Legault et Julie Vincent est mise en scène par Patrice Coquereau et interprétée par Pierre-Alexandre Fortin, Diane Lavallée, France Pilotte et Jeff Boudreault.

Pour en savoir plus : http://www.theatre-ete.com/

Diaporama : Caroline Laberge / Mario Landerman

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