Sébastien Dion
Lundi, 17 novembre 2008
par Royal du Perron

Le retour

Le retour : quel tableau !

L’auteur britannique a situé l’action de cette famille dysfonctionnelle dans le Londres ouvrier des années 60. Le metteur en scène Yves Desgagnés a imaginé un tableau vivant pour cette production et cela donne tout un spectacle.

 


Marcel Sabourin joue Max, le vieil haïssable et l’acteur livre toute une performance! Sabourin, qui n’a pas une once de méchanceté en lui, se glisse donc dans la peau du vieux salaud qui dit les pires insanités à ses fils et sa bru, quand ce n’est pas à son frère.

 


Patrice Robitaille (Lenny) est bien connu au cinéma et à la télévision (Québec Montréal, Les Invincibles...) où il a toujours le ton juste. Sur scène, il est tout aussi excellent, sinon meilleur.  Son Lenny est aussi baveux que son détestable père. Jean-François Pichette joue Teddy, le professeur de philosophie parti faire carrière aux États-Unis. La fierté de la famille. Après des années, sans donner de nouvelles, il revient la nuit, avec une femme à ses côtés.  Une jolie femme qui bouleversera toute cette famille, en apparence honorable mais dont le climat est malsain et l’atmosphère étouffante.  Benoît Girard est étonnant de vérité dans le rôle de Sam, le chauffeur de taxi. Aurait-il cocufié son frère Max ?  C’est bien ce qu’il laisse entendre.  


L’homme est un loup pour l’homme


On se lance des injures, on s’invective à qui mieux mieux. On cherche à blesser; c’est à qui lancera le dard le plus long pour atteindre le cœur.  Le père, les fils, le vieil oncle, tous tourneront autour du seul personnage féminin qui répand un climat trouble par ses gestes et ses paroles.  Noémi Godin-Vigneau incarne brillamment Ruth, cette femme fatale, à la fois charnelle et éthérée, dont rêvent tous les hommes. Ici, les liens du sang ou du mariage n’ont pas de signification car l’homme est un loup pour l’homme. Même le jeune frère Joey (Hubert Proulx), l’athlète de la famille, vacille entre ces deux passions, la boxe et sa belle-sœur.


Une distribution d’acteurs admirables, une mise en scène inventive, une scénographie géniale. La scène, bien encadrée, représente un tableau vivant alors que les personnages évoluent dans un savant jeu d’ombres et de lumières.

 


Une pièce déroutante, et combien efficace.  En ce soir de première, le public est resté sidéré à la tombée du rideau.  Quelle œuvre, quelle performance, quel tableau!


Au Théâtre du Nouveau Monde, jusqu’au 29 novembre
Billetterie :  (514) 866-8668


Pour en savoir plus : http://www.tnm.qc.ca/saison-2008-2009/Le-Retour/Le-Retour.html


Photos : Yves Renaud