Sébastien Dion
Lundi, 13 avril 2009
par Mario Landerman

affiche Les pieds des anges

Les pieds des anges


On dépeignait les anges comme étant des créatures si immatérielles, qu’elles n’avaient pas de pieds.  Du moins, dans la peinture du Moyen-âge.  Puis arriva la Renaissance, où les  peintres leur ajoutèrent des pieds, les ramenant sur un plan plus humain.  Au grand dam de l’Église, dont ce fut le début de la perte du contrôle absolu sur les fidèles.  Le luthéranisme, religion en opposition avec Rome, vit le jour à cette époque.


Dans Les pieds des anges, Marie prépare une thèse de doctorat sur l’apparition des pieds des anges, dans la peinture de la Renaissance.  Mais plus Marie essaiera de décortiquer le pourquoi de la chose, plus elle sombrera vers l’incertitude et la mélancolie.  Pour regagner la réalité, elle s’inscrit à un cours de danse...ce qui n’enrayera pas le déluge de questions que Marie se pose quant à sa propre existence.
Evelyne de la Chenelière nous avait éblouis dans Fraises en janvier, Bashir Lazhar et Désordre Public. Elle sait écrire des textes proches des gens, avec une bonne dose d’humour et de réflexion sur la condition humaine.  


Alice Ronfard, contribue de ses lumières à la mise en scène.  Malgré quelques moments de confusion dans le déroulement de certaines séquences, on finit par voyager avec Marie sur le chemin de son questionnement personnel.


Un mot sur le décor, spartiate, sans pour autant sacrifier à l’ésotérisme sous-jacent de la pièce.  Une réalisation élégante dans sa simplicité, signée Gabriel Tsampalieros.

Les pieds des anges


Marie est interprétée par deux comédiennes.  Sophie Cadieux incarne la Marie au quotidien, celle qui suit les cours de danse, qui a à composer avec les aléas de sa vie familiale, tandis qu’Enrica Boucher défend à la fois Marie et sa thèse.  Une brillante idée, pour démontrer deux facettes de la même personne.  Et grâce au talent de ces deux comédiennes, on ne perd jamais de vue quelle Marie est présente, même lorsqu’elles sont toutes deux en scène simultanément.


On notera également deux comédiens qu’on n’associe pas habituellement au théâtre, même s’ils en ont déjà fait.  André Robitaille a notamment joué dans Délit de fuite, André le magnifique et Talk Radio. Diane Lavallée a plus d’une quarantaine de rôles au théâtre à son actif, ce qu’on oublie trop souvent quand on la voit évoluer à la télévision et au cinéma.  Ces deux comédiens incarnent ici le père et la mère de Marie; ces personnages ont tendance à surévaluer leur fille, après le décès de leur fils et ils apportent leur humour naturel à l’ensemble.


Mireille Deyglun a une courte présence qui apporte un punch considérable.  Certains critiqueront le personnage qu’elle incarne, une docteure musulmane, probablement basé sur un reste de ressentiment contre les islamistes ayant encore cours aujourd’hui.  Oubliez le hijab, et concentrez-vous plutôt sur ce qu’on fait dire au personnage.


Hubert Proulx, Isabelle Roy, Mani Soleymanlou et Erwin Weche complètent la distribution.


Les pieds des anges est une pièce pour ceux qui aiment décortiquer les rouages de la vie humaine.  Toutes les émotions y sont au rendez-vous.  Et la représentation théâtrale s’efface devant l’humanité des personnages d’Evelyne de la Chenelière.


Les pieds des anges
Du 31 mars au 25 avril 2009
Avec Enrica Boucher, Sophie Cadieux, Mireille Deyglun, Diane Lavallée, Hubert Proulx, André Robitaille, Isabelle Roy, Mani Soleymanlou, Erwin Weche.


Billetterie : 514 845-4890 (Espace Go) 514 790-1245 ou 1 800 361-4595 (Admission)


Pour en savoir plus : Espace Go

 

Photos : Inconnu

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