Sébastien Dion
Vendredi, 30 janvier 2009
par Mario Landerman

Affiche

Le mariage de Figaro au TNM
Un délicieux gâteau !


Ah!  Ce mariage!  Le plus désopilant événement nuptial de l’année se trouve au TNM. 


Oeuvre de Beaumarchais aux relents révolutionnaires, deuxième d’une trilogie qui comprend Le Barbier de Séville et La mère coupable, on y trouve de tout pour plaire.  Humour, quiproquos, chant, danse, ces éléments forment un tout délicieux.

Le Mariage de Figaro 1


Figaro veut épouser Suzanne, la camériste de la Comtesse.  Le Comte, homme jaloux et volage, entend bien exercer son droit de cuissage sur la future épouse.  Intrigues auxquelles vient se greffer le page Chérubin, en qui le Comte voit un rival dans ses affections. 


Suzanne feint d’accorder un rendez-vous au noble volage.  Éventant la ruse, il se venge en obligeant Figaro à épouser la gouvernante Marceline.  C’est un procès et un coup de théâtre! 
La Comtesse, souhaitant reconquérir son époux, organise un rendez-vous entre le Comte et Suzanne; elle prendra la place de sa camériste. 


Après une série de quiproquos, l’amour triomphe!  Le Comte Almaviva comble sa femme de serments d’amour, et Figaro peut enfin marier Suzanne.

Le Mariage de Figaro 2


L’adaptation faite par le TNM et le metteur en scène Normand Chouinard est, disons le tout net, jouissive.  D’un Figaro hyperactif, superbement campé par Emmanuel Bilodeau, à Gilles Renaud en Bartholo, véritable caricature vivante de l’Ancien Régime, la distribution est à la hauteur de la pièce.  Difficile de dire qui je préfère parmi les comédiens, ils excellent tous dans leur personnage respectif.  Plusieurs d’entre eux jouent leurs scènes avec éclat pour la plus grande jubilation des spectateurs.


On y trouve Catherine B. Lavoie, qu’on a appréciée dans L’Imprésario de Smyrne, au chant.  Normand Carrière en Antonio, Violette Chauveau en Comtesse, Normand d’Amour en Comte, Bénédicte Décary en Suzanne et Louise Turcot en Marceline sont quelques-uns des acteurs de la distribution.


La force du théâtre de Beaumarchais, c’est de donner des répliques savoureuses à des personnages de valets et caméristes.  Avant la Révolution, ces gens du commun n’avaient aucun droit, même de parole.  Jouets de leurs maîtres, tantôt bienveillants, tantôt despotes, on ne tenait nullement compte de leur existence, sinon pour les commander.  Ici, ils sont traités comme des êtres à part entière, avec leurs émotions, leur créativité et leur intelligence. 


Joyeux clin d’oeil à l’opéra du même nom de Mozart : un joueur de clavecin se trouve en permanence dans la pièce.  On trouve également du chant et quelques pas de danse, contribuant à l’aspect festif de l’ensemble.  Suzanne Harel a créé une véritable palette de couleurs dans les costumes de la distribution.  Ajoutez à cela un décor champêtre, et on est transportés au temps de Marie-Antoinette.  Elle fut d’ailleurs une des interprètes parmi les plus notables de l’histoire de cette comédie, incarnant la Comtesse.

On ne peut que déplorer que cette pièce ne demeure pas plus longtemps à l'affiche!

 

 
Gilles Renaud et Louise Turcot, couple sur scène et dans la vie

 

Le Mariage de Figaro
Avec Emanuel Bilodeau, Violette Chauveau, Normand d’Amour, Bénédicte Décary, Louise Turcot et Gilles Renaud.
Jusqu’au 14 février.


Pour en savoir plus : http://www.tnm.qc.ca/saison-2008-2009/Le-Mariage-de-Figaro/Le-Mariage-de-Figaro.html

 

Photos : Jean-François Gratton, Yves Renaud

Vidéo : Mario Landerman