Royal du Perron
Mercredi, 20 mai 2009
par Royal du Perron
 

Matroni et moi

Matroni et moi : toujours d’actualité


La pièce a été écrite en 1994 par Alexis Martin. Fort de l’énorme succès à la création et aussi de son adaptation au cinéma par Jean-Philippe Duval – et aussi parce qu’elle n’a pris aucune ride – on la remet à l’affiche 15 ans plus tard.


C’est l’histoire classique d’un couple mal assorti.  Gilles, étudiant en philosophie, plus éthéré que terre-à-terre, s’amourache de Guylaine, une fille de club.


Cette Guylaine (le personnage a été écrit pour Guylaine Tremblay) qui exerce le métier de barmaid; un milieu trouble, fréquenté assidûment par la petite pègre. Mais le pauvre Gilles, plus intello que pratique, entreprendra un dialogue philosophique, forcément un dialogue de sourds, avec le fameux Matroni, chef du groupe clandestin.


Cette fois, l’auteur a confié le rôle du jeune amoureux à François Létourneau (Cheech, Les Invincibles) se réservant la mise en scène.  C’est du bonbon de voir cet acteur, la tête dans les nuages, tenir avec tant de sincérité des propos intéressants mais si éloignés d’une réalité qui lui crève les yeux.


Pierre Lebeau reprend avec bonheur le personnage de Matroni.  Son côté rustre le sert à merveille. «J’ai-tu l’air d’une bibliothèque?» demande-t-il au jeune philosophe qui l’emmerde. Un rôle costaud pour ce maître du théâtre UBU; c’est d’ailleurs Matroni qui suscite le plus d’hilarité dans la salle.


La jeune barmaid Guylaine est interprétée par Émilie Bibeau (Annie et ses hommes) qui défend bien son personnage de jeune fille qui se cherche, songeant même à retourner aux études. 


Gary Boudreault et Jacques L’Heureux complètent la distribution en incarnant respectivement Bob et Larochelle, le frère et le père des deux amoureux. Gary Boudreault joue bien le petit crosseur du milieu interlope et Jacques L’Heureux, ce merveilleux acteur, s’installe dans son personnage avec l’aisance du vieux pro qu’il est devenu.


À Montréal, la pièce est présentée au National. Il ne faut pas rater pas cette prise de bec entre un jeune intellectuel, enculeur de mouches, et un vieux routier de la crosse. C’est très drôle. Sauf qu’en certains milieux, on n’entend pas à rire et c’est bien là le génie d’Alexis Martin.


Matroni et moi, écrit et mis en scène par Alexis Martin, avec Pierre Lebeau, Émilie Bibeau, François Létourneau, Jacques L’Heureux, Gary Boudreault; Éclairages Jean-François Couture; Musique Benoît Charest; Production : La compagnie Larivée Cabot Champagne
À Montréal, jusqu’au 23 mai; au Grand Théâtre de Québec, les 3 et 4 juin
En régions dès octobre 2009


Pour en savoir plus : www.myspace.com/matronietmoi


Photo : Jocelyn Michel

©2009, zoneculture.com--Tous droits réservés