Sébastien Dion
Jeudi, 5 mars 2009
par Mario Landerman

Josée dans le Psychomaton

Le Psychomaton
La détresse humaine vue par une machine

Récemment, je suis allé voir le Psychomaton d’Anne-Marie Olivier.  Succédant à Provincetown Playhouse dans la programmation des 40 ans du Théâtre d’Aujourd’hui, cette pièce réussit ce que l’autre n’avait pu accomplir.  Créé en 2007, le spectacle a subi un remaniement afin de l’alléger.


On a droit ici à la technologie au service de la pièce.  Tout tourne autour d’une machine ingénieuse, le Psychomaton, qui prodigue des conseils à une foule de gens venus raconter leur vie.  La sensibilité qu’apporte l’auteure dans son texte nous permet d’oublier l’existence de cet appareil pour nous concentrer sur les personnages venus s’y confier.


Dans notre société moderne, entouré de tous les outils de communication imaginables, il est triste de constater que les gens sont plus seuls que jamais.  Le cyberespace et ses applications connexes, bien loin de réunir les gens dans une vaste collectivité globale, les isole en petits groupes.  De plus, la technologie n’est pas encore à la portée de tout le monde.  Les pauvres, les gens âgés, pour des raisons diverses, n’ont que peu ou pas d’accès à ces technologies.  Avec le Psychomaton, on tente d’illustrer la détresse humaine, et d’y apporter une solution.

Diane dans le Psychomaton


Josée (Hélène Florent), commis de dépanneur témoin de la profonde détresse des gens qui l’entourent, fabrique avec l’aide de son ami Polo (Paul-Patrick Charbonneau) une machine qui écoute les gens, et leur donne des conseils.  De nombreuses personnes viennent consulter la machine (Érika Gagnon, Éric Leblanc et Édith Paquet dans de multiples rôles).  Pour une pièce de deux dollars, un conseil ou une pensée est remise aux cobayes qui font office de patients.  Comme l’enfer est pavé de bonnes intentions, on verra le Psychomaton subir une fin peu glorieuse.

Nancy dans le Psychomaton


La pièce est très souvent drôle, tout en faisant réfléchir sur la détresse humaine.


La mise en scène de Véronika Makdissi-Warren évite les pièges technologiques de la pièce Provincetown Playhouse, en gardant un contact étroit avec le public.  On éprouve ainsi plus de sympathie pour les divers personnages gravitant autour du Psychomaton

 

 


Au théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au 7 mars.

Le Psychomaton d’Anne-Marie Olivier.  Mise en scène de Véronika Makdissi-Warren.  Avec Hélène Florent, Paul-Patrick Charbonneau, Érika Gagnon, Éric Leblanc et Édith Paquet.


Pour en savoir plus : http://www.theatredaujourdhui.qc.ca/psychomaton

Photos : Mario Villeneuve