18 février 2008 par Hélène Rollan


SANTIAGO, sur la route de Compostelle

Santiago, sur la route de Compostelle m’a au départ déroutée. Cette pièce écrite pour les 18 ans de Sortie de Secours est la première d’une trilogie baptisée : le Cycle d’Or. Santiago relate, en se servant du conte, l’histoire d’hommes et de femmes en route vers la ville de St-Jacques de Compostelle, à la recherche du pardon. En ces temps où l’on en est aux accommodements raisonnables, ce sentiment me semble un peu dépassé! Ou peut être doit-on y revenir? Est-ce que l’homme en jetant la religion a aussi jeté le bébé avec l’eau du bain?

Je trouvais le début cousu de fil blanc. La rencontre du Bon et du Méchant : le Bon, Normand Poirier, le Méchant, Frédérick Bouffard s’affrontent. Le Bon veut sauver le méchant mais il finira par se faire tuer. Il était certain que le Bon devait mourir. J’avais presque envie de partir car je ne voulais pas une soirée où l’on me faisait la leçon. 

La phrase magique

Mais me suis-je dit : «La pièce a débuté par… il était une fois…» Alors je me suis mise à écouter une histoire et non pas une pièce de théâtre. Je me suis laissée emporter sur ce chemin où  tant de gens sont morts ou bien en sont revenus changer. J’ai pris la route de Compostelle!

J’y ai rencontré de beaux personnages, joués par des comédiens talentueux qui nous amènent dans un monde de découvertes et de fantaisies. Au Moyen-Âge, partir en pèlerinage n’était pas évident. Il fallait traverser montagnes et forêts où les embûches sont nombreuses. Outre la pluie, le vent, les loups et les voleurs les pèlerins doivent surtout faire face à leur propre peur.

Cette marche inlassable des pèlerins est efficacement rythmée par Harold Rhéaume, coordinateur aux mouvements. Avec lui on avance vers Compostelle avec une sorte d’acharnement, de besoin de se dépasser, de se rendre plus loin que l’infini! Mais l’infini c’est quoi? C’est où?

Jacquot le sait-il? Lui le méchant! Ambrosio, Réjean Vallée, père de Martha, Marjorie Vaillancourt, semble savoir  où il va lui. Martha au long de ce voyage découvre qu’elle devient femme! Mais ce sentiment l’amènera à aimer un tueur? Est-ce vraiment la découverte qu’elle devait faire?

J’ai beaucoup aimé le vieux couple si simpliste, mais tellement chaleureux et accueillant, un couple qui sait où il va malgré les inepties qu’il nous raconte. C’est ça, entre autres, qui m’a ramenée au fantasmagorique de toute cette histoire.

Une production très soignée

La mise en scène de Philippe Soldevila m’a aidée à entrer dans cet imaginaire festif. Christian Fontaine a su mettre en valeur les émotions par des éclairages super magnifiques qui donnaient toute la valeur émotive au jeu des acteurs. Et les costumes créés par Erica Schmitz nous faisaient entrer de plain-pied dans le Moyen-âge.

Hélène Robitaille auteur de Santiago utilise la forme du conte pour nous faire découvrir le chemin qu’on emprunte,  que nous possédons tous au plus profond de soi. Sans le savoir peut-être!

J’ai bien hâte de voir la suite de ce Cycle d’Or car à la fin du spectacle je me sentais ambivalente et je voulais en savoir plus! C’est comme si, avec Santiago, on avait ouvert une première porte! À quand la seconde?

Photos : Louise Leblanc

Vidéo : Théâtre d'Aujourd'hui