Royal du Perron
Mardi, 24 novembre 2009
par Royal du Perron
 

Une maison propre

Une maison propre : la poussière dans les coins


Je ne m’attendais vraiment pas à pareille représentation.  J’ai assisté à une sorte de lecture actée d’un texte de Sarah Ruhl, une auteure états-unienne populaire dans son pays.


L’action se déroule chez un couple de médecins, elle généraliste, lui chirurgien.  Les professionnels ont besoin d’une maison propre, ils engagent donc une femme de ménage brésilienne; on le sait, les nouveaux  serviteurs des Blancs américains sont latinos.  (La gouvernante de Southfork dans Dallas s’appelait Theresa). Et les exemples fourmillent parce qu’ils sont bien réels.

Une maison propre


Cette bonne n’aime pas faire le ménage, elle cherche à devenir humoriste et la sœur de sa patronne, une maniaque de la propreté fera le ménage à sa place. Mais voilà que le chirurgien tombe amoureux d’une patiente plus âgée, peu avant de lui faire une mastectomie. Mais ce n’est pas la seule invraisemblance de cette famille disjonctée.  Le personnage d’Hélène Mercier pique là une crise pas piquée des vers.  


La distribution pourtant est impeccable.  Le metteur en scène Martin Faucher qui a notamment connu un immense succès avec Le mystère d’Irma Vep, a choisi d’excellents acteurs. Les Émilie Bibeau, Hélène Mercier, Patricia Nolin, Denis Roy et Monique Spaziani livrent ici de belles performances. Aucun acteur ne détonne. Pourtant...


Généralement bon public, j’ai été incapable d’embarquer dans cette histoire. À l’exception de quelques spectateurs aux réactions parfois bruyantes, la salle restait plutôt impassible. Et moi encore plus.


La pièce est présentée scène par scène par un narrateur qui débute en nous décrivant les décor dont un tapis blanc qui est noir. Fait amusant, toutefois, on a annoncé un (faux) entracte : jeu d’éclairages et après une quinzaine de secondes,  on a repris le cours de la pièce.


Une pièce qui aurait pu être bien mieux cousue. La plupart des acteurs se rendent parfois à un micro pour parler aux spectateurs sorte de théâtre vérité, inopportun dans ce contexte, quant à moi.

Une maison propre


Un mot sur le décor unique d’une salle de séjour, avec dans un coin, un balcon en hauteur surplombant la mer : très réussi. Y aller pour des performances d’acteurs comme celles d’Émilie Bibeau, tordante dans le personnage de Mathilda, Denis Roy, crédible dans le rôle de l’amant et Hélène Mercier capable de vous défaire un décor en moins de deux.


On avait promis du rire et des larmes, je n’ai eu rien de tout cela. Je crois que le personnage du narrateur était de trop, cela brisait le rythme et mettait malheureusement du vinaigre dans la mayonnaise. 


Une maison propre, de Sarah Ruhl, mise en scène par Martin Faucher avec Émilie Bibeau, Hélène Mercier, Patricia Nolin, Denis Roy et Monique Spaziani est présentée par le Théâtre de l’Opsis.


À la 5e salle de la Place des arts, jusqu’au 19 décembre. Billetterie : (514) 842-2112


Info : www.laplacedesarts.com


Photos : Théâtre de l'Opsis

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