15 juillet, 2006 par Royal du Perron


Le King au royaume du kitsch

Suggestion : Lire cette chronique en mettant une chanson d’Elvis.

Cette mégaproduction, conçue par Mouffe et mise en scène par René Simard est présentée dans un crescendo formidable. C’est un show international. Un spectacle à la démesure de la légende, digne de Paris ou Londres, Broadway ou Vegas. Dans les premiers numéros, la large scène de 18 m semble presque vide mais peu à peu, les choristes et danseurs viennent la meubler alors qu’on ajoute graduellement des éléments de décors.

Les médias étaient bien représentés, et le Centre Bell était plein!

Le king a vite réchauffé la salle et il s’est abondamment amusé avec ses fans, dans des numéros fabuleux, tout en interprétant ses plus grands hits parmi les 42 chansons offertes au public comme un bouquet d’orchidées. Les changements de décors s’effectuent durant une reconstitution historique projetée sur grand écran et relatant les faits marquants de la carrière du king. Quand arrive l’interruption de carrière pour les forces armées, les danseurs, transformés en soldats effectuent une formidable marche militaire. Aussitôt, Elvis entame Love Me Tender en « prêtant » le micro au public et les 12,000 spectateurs enchaînent :

… Love me true, all my dreams fulfilled

For my darlin' I love you, And I always will.

Fun in Acapulco

Quitter le showbiz pour les tranchées n’était pas facile pour le rocker qui se confie à son public. La courte phrase I hope you won’t forget me, prononcée dans un sanglot, a chaviré les cœurs.

Elvis Comeback Special, 1968

Elvis s’est aussi déhanché abondamment et il a invité les spectateurs à danser avec lui. Malheureusement, les sièges assignés aux membres de la presse ne permettaient pas de bien voir le spectacle. Je n’ai jamais vu la décapotable jaune aperçue dans les décors, à la répétition. Il serait important de rehausser la scène de quelques mètres pour permettre à tous les spectateurs du parterre de bien voir l’ensemble du spectacle.

Moment de tendresse

Un vox pop effectué à l’entracte a permis de tâter le pouls du public majoritairement composé de femmes, des admiratrices de tous âges. Louise de Rigaud avait invité sa mère et elle se félicitait d’avoir payé les 83$ du billet pour revivre avec elle la nostalgie d’Elvis. Pauline de Dunham qui a visité Graceland revivait d’excellents souvenirs. Micheline de Montréal a préféré la période précédant le service militaire et elle avait eu droit à sa chanson fétiche, Heartbreak Hotel. Thérèse de Sorel était émue mais l’avait été davantage au Capitole, « un lieu plus intimiste. »

Un travail gigantesque pour les 43 artistes

Le retour de l’entracte surprend le spectateur alors qu’à la première mesure les éclairages se jettent sur une petite scène angulaire et en rotation sur 360o au centre du parterre, alors qu’Elvis entame It’s Now or Never. Une belle idée, cette reconstitution du Elvis Comeback Special diffusé sur NBC, le 3 décembre 1968.

Une finale grandiose

Le spectacle comporte une large variétés de tableaux et certains numéros sont absolument fabuleux. Les éclairages se marient bien aux décors. Un numéro exécuté dans des teintes de rose, blanc et mauve est éblouissant. Du kitsch à profusion, présenté sur du rock endiablé. Pour Jailhouse Rock : les danseurs s’exécutent vêtus en prisonniers alors que derrière eux, les geôliers sont en cage sur trois étages. Une amusante dichotomie et un clin d’œil à Elvis le délinquant.

Majestueux Elvis

Certaines performances sont époustouflantes, on se demande comment Elvis peut changer de tête, coiffure et maquillage en quelques secondes. On n’est pas loin ici de la prestidigitation. Bravo à la talentueuse équipe de création pour cette excursion au royaume du kitsch et de la démesure.

Une mégaproduction endiablée

Au Centre Bell, jusqu’au 6 août

Pour en savoir plus: (514) 790-1245 ou 1 800 361-4595

www.GEG.CA

Photos: Mario Landerman

Pour voir plus de photos: Elvis la mégaproduction en photos