1er novembre 2007 par Royal du Perron


Messmer :  du rire de toutes les couleurs

Messmer a présenté la première de son spectacle hier au Théâtre St-Denis à Montréal. Le fascinateur consacre les 15 premières minutes du spectacle à tester la salle en proposant des gestes et des formules destinées à dominer l’auditoire. 

Le spectateur est invité à bien poser les pieds par terre, à fermer les yeux,  se concentrer, serrer les mains les paumes jointes, à la hauteur des yeux, et s’endormir sous le contrôle du maître. Messmer prévient alors ses sujets qu’ils ne peuvent plus desserrer les mains.  Et il les somme de le faire.  À l’exception d’une vingtaine de personnes, tous libèrent facilement leurs mains de la chimérique emprise en riant de bon cœur.

Bien sûr, les personnes les plus « dociles et obéissantes », une vingtaine au total, sont invitées à monter sur scène pour se donner à des séances d’hypnose dépendamment du sujet choisi et du thème abordé.  D’ailleurs, presque la moitié d’entre elles, incapables de se laisser aller, ont été gentiment invitées à regagner leur siège.

Dans une mise en scène conjointe de Éric Young et de François Flamand (ce dernier n’ayant pas eu la main heureuse avec l’avant-dernier show de Maxim Martin), les deux heures de spectacles se déroulent à un rythme bien soutenu avec la complicité de la salle. 

Sous hypnose, une femme a tenu le rôle d’une journaliste télévisuelle annonçant l’attaque des tours jumelles, le 11 septembre 2001.  Elle a repris la nouvelle de Paris, du Saguenay, du l’Allemagne et du Japon (en accéléré). Tordant de la voir parler en ces langues.  Par ailleurs, l’un des sujets sous hypnose voulait tellement embarquer dans le jeu qu’il en mettait souvent dix fois trop.  Au grand embarras du maître. Souvent, les rires embarrassés témoignaient d’une situation gênante, voire grotesque. Cependant, chaque numéro est soutenu par un apport audio-visuel fort approprié. En ce soir d’Halloween, Dracula et les vampires étaient à l’honneur.  À un certain moment,  on a entendu cette parodie de la populaire chanson commerciale « Haut les mains » avec ces paroles :  Haut les dents… Donne-moi ton sang…  Pour peu, on se serait cru au Festival Juste pour rire. Il y a parfois des moments cacophoniques, ce qui provoque l’hilarité de la salle et Messmer est sur scène aidé d’un assistant, St-Clair,  un vieux compagnon de route. Ils ne sont pas trop de deux à contrôler les récalcitrants.

Le tout se termine par un « théâtre de rue » imaginé par le fascinateur et portant sur le Québec de 1846.  Chaque personne hypnotisée y tenant un rôle prépondérant dans une sorte de conte rappelant « le bon, la belle et le truand ».  Quelques trouvailles dans ce sketch dont le fait de jouer au ralenti et de reculons.   

Une soirée divertissante et qui passe vite. Décidément, Messmer offre un spectacle qui provoque beaucoup de rires. Mais des rires nombreux, nourris, épousant toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

Pour en savoir plus : www.messmer.ca

Vidéos : Mario Landerman