Mario Landerman
Jeudi, 7 mai 2009
par Mario Landerman
 

OVO Affiche

OVO du Cirque du Soleil : Délice des yeux et des oreilles!


Hier soir avait lieu la première d’OVO, la dernière nouveauté du Cirque du Soleil.  Création-phare, puisqu’elle marque aussi les 25 ans d’existence de cette institution québécoise connue et respectée internationalement.


Fondé en 1984, le Cirque s’est développé pour devenir une entreprise de divertissement de haute qualité, avec un effectif de 4 000 employés, dont plus du quart sont des artistes du cirque et de la scène.  Et ces gens viennent de tous les coins du globe.


OVO


Le dernier-né du Cirque du Soleil explore un univers mystérieux et fascinant.  Celui des insectes.  Ces animaux travaillent, mangent, rampent, luttent et se courtisent dans le perpétuel renouvellement des jours.  L’ovo du titre (œuf en portugais) apparaît au beau milieu de ces insectes, qui demeurent ébahis devant ce symbole qui leur rappelle le cycle de leur vie.


En filigrane, une histoire d’amour tourmentée entre une coccinelle et une mouche étrangère, nouvelle venue dans la communauté.


Le spectacle

 


Un spectacle tout en contrastes.  Avant d’aller plus loin, il me faut mentionner le travail formidable de la conceptrice des costumes, Liz Vandal.  Seule la nature peut rivaliser avec la richesse et la palette des costumes colorés d’insectes mis au point par l’artiste.  D’autant plus que de nombreux insectes sont reconnaissables du premier coup d’œil, sans compter l’aspect quasi-organique de quelques-uns d’entre eux.  Du grand art.  Et les maquillages de Julie Bégin complètent harmonieusement l’ensemble.


Pour balancer ce monde coloré, un décor dans des tons terreux permet de mieux mettre les insectes en valeur.  Mais qu’on ne s’y trompe pas.  Les prouesses techniques et le gigantisme de ce décor sont exceptionnels.  Et en cela même, rivalise à sa façon avec  les vedettes du spectacle dont je parlerai plus loin. Une création signée Gringo Cardia.


À l’ouverture, on voit un gigantesque œuf de six mètres de large, lequel va disparaître pour dévoiler la scène où évolueront les insectes.  Une des prouesses techniques, une sorte de paroi rocheuse, se devine au fond, ce qui donnera un excellent numéro après l’entracte; le trampo-mur.


Puis, les insectes font leur entrée.  Même ceux qui souffrent d’entomophobie ne pourront que sourire, ravis devant la beauté de ce petit monde évoluant sous leurs yeux.  Même les insectes les plus sinistres de cette assemblée, les araignées, ont un certain charme, avec leur jolis minois.


Les vedettes du roman d’amour sont là aussi : une coccinelle bien en chair, une mouche, et Maître Flippo, un insecte d’espèce indéterminée, mais qui  est le doyen de cette communauté.


Les numéros


Se suivent alors une enfilade de numéros de cirque dont la plupart sont époustouflants.  Parmi les plus appréciés on retrouve :

 

Les fourmis, qui consiste à faire tourner leur “nourriture” et même leurs congénères.  Leur précision est un régal pour les yeux.

 


Les papillons, qui constitue un moment fort romantique, aidé par la musique.


Le numéro volant, où on ne peut détacher ses yeux des scarabées qui virevoltent d’une plate-forme à l’autre, atterrissant sur les poignets d’autres de leur espèce.  On retient son souffle plus d’une fois lors de ce numéro.


L’acrosport, où de mignonnes puces jaunes et rouges forment des figures géométriques en parfait équilibre, en s’élançant dans les airs.
Le fil mou, où une des araignées se permet de démontrer qu’elle n’a rien à envier à l’arachnide dont elle a emprunté le nom.   Un excellent numéro.


Les élucubrations de Maître Flippo, la coccinelle et la mouche ne sont pas restées sans susciter de nombreux éclats de rire.  En particulier lorsque, après une fin de non-recevoir de la coccinelle, Maître Flippo se charge de trouver dans l’assistance une amante convenable pour la mouche.

 


Finalement, le trampo-mur, où on a droit à un véritable spectacle de chorégraphie acrobatique, au son d’une musique des plus rythmées.  Une performance des plus entraînantes.


La musique du spectacle est absolument délicieuse.  À un point que mon invité, dès l’entracte, s’est précipité à l’une des boutiques pour acheter le CD... lequel n’est pas encore sorti!  Je prédis de grosses ventes à la trame sonore d’OVO lorsqu’elle apparaîtra chez les disquaires.  Une superbe composition musicale de Berna Ceppas, mélangeant rythmes brésiliens à la touche du Cirque du Soleil.


Dans le numéro final, appelé le Banquet, il fallait être complètement sourd pour ne pas se lever, danser et frapper des mains en cadence.  Ce que la plupart des gens ont fait.  Bien pratique par la suite pour l’ovo-tion debout dont ont bénéficié les artisans du spectacle par après.


Un excellent spectacle à tous points de vue.  Le Cirque du Soleil met toujours la barre plus haute avec chacune de ses productions.  J’ose espérer que les concepteurs ne rencontreront aucune limite, car je veux continuer à me laisser séduire par leurs spectacles pour les 25 ans à venir!


OVO du Cirque du Soleil
Jusqu’au 19 juillet sous le Grand Chapiteau bleu et jaune sur les Quais du Vieux-Port de Montréal.


Billetterie : 1 800 450-1480


Pour en savoir plus : www.cirquedusoleil.com

 

Photos : Benoît Fontaine

Vidéos : Cirque du Soleil

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