Royal du Perron
Mercredi, 27 juillet 2011
par Royal du Perron

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Les ruines d’Éphèse, vestiges de l’Antiquité


À 20 km de Kusadasi, en Turquie, se trouve ce qui reste de la ville d’Éphèse, ancienne capitale de la province romaine d’Asie. La ville d’Éphèse a occupé dans l’Antiquité des emplacements différents. La ville la plus ancienne était dominée par la colline d’Ayasuluk, qui porte aujourd’hui les ruines significatives d’une forteresse et de la basilique Saint-Jean dont le nom fut tiré de l’apôtre «que Jésus aimait.» Selon la légende, la ville a été fondée en l’an 1000 av. J.C., mais certains archéologues estiment qu’on y trouve des traces remontant à deux millénaires plus tôt. La seconde ville, construite en 287 avant J.C. est à quelque 3 km à l’ouest de l’ancienne, plus près de la mer. C'est l'œuvre combinée des sédiments charriés par le fleuve (Caystre), des changements climatiques, et peut-être aussi  d'accidents sismiques, qui expliqueraient le déplacement progressif de la côte vers l'Ouest. On estime qu’une superficie d’environ 85% du site est encore enterrée.


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La rue des Courètes débute au Prytanée et s'achève à la Bibliothèque de Celsius. Les Courètes étaient des prêtres qui, à chaque printemps, quittaient le Prytanée, traversaient la rue des Courètes pour se rendre à Ortygia afin d'y célébrer la plus grande déesse d'Éphèse, c'est à dire Artémis. La partie centrale de la rue était destinée aux chars et les deux parties latérales réservées aux piétons. Recouvertes d'une toiture, elles abritaient des boutiques et magasins.


En descendant la rue, on peut voir, entre autres, la porte d'Héraclès, la fontaine de Trajan, le temple d'Hadrien, les thermes de Scholastikia, les «Maisons de la Pente» qui appartenaient aux riches éphésiens et enfin tout en bas, la fameuse bibliothèque de Celsius, le monument peut-être le mieux conservé de tout le site.

 


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Photo de gauche : Le Prytanée (au centre) est tout ce qui reste de ce qu’on appelle maintenant l’Hôtel de Ville

Photo de droite : Bas relief de Niké - Dans la mythologie grecque, la déesse Niké personnifie la Victoire; elle fait partie des proches de Zeus. Son symbole fut hélas repris commercialement par la marque sportive "Nike" avec la virgule connue à travers le monde.



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La Fontaine de Trajan a été construite de 102 à 104, en l'honneur de l'empereur Trajan (98-117), elle présente une colonnade à deux étages et comporte deux bassins: l'eau qui s'y déversait, coulait sous la statue de l'empereur. Entre les colonnades, on remarque des niches dans lesquelles se trouvaient des statues de la famille impériale, de Dionysos, d'Aphrodite,....Ces statues sont exposées au musée d'Éphèse.


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Le temple d’Hadrien - c'est un des plus somptueux monuments de la rue des Courètes érigé en l'honneur de l'empereur Hadrien qui visita Éphèse à plusieurs reprises. De style corinthien, il comporte une cella et une plate-forme. Les quatre colonnes de la façade portent un fronton où se trouve, au centre, le buste de Tykhé, la déesse de la ville. Sur le tympan situé au-dessus de la porte, un buste de jeune fille représentant la Méduse.


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Photo de gauche : Les latrines étaient publiques à Éphèse : celles-ci étaient destinées aux messieurs – elles ne comportent pas de  séparation et sont alignées autour d'un bassin central bordé de colonnades qui soutenaient une toiture. Le sol est recouvert de mosaïques à structure géométrique

Photo de droite : Les thermes de Scholastika – à l'époque romaine, les thermes étaient fréquentés par tous les habitants, peu importait la classe sociale. Les riches préféraient venir dans l'après-midi et certains d'entre eux possédaient des petits bassins privés. Elles perdirent de leur importance sous l'empire byzantin mais furent remises à l'honneur par les Turcs sous le non de hammam.


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La Bibliothèque de Celsius se trouve à l'extrémité de la rue des Courètes. Elle est bâtie sur un socle à neuf marches. Elle a trois portes: la porte centrale est la plus large et la plus haute. Entre les niches se trouvent les statues (copies) de Sophia (la Sagesse), d'Arété (la Vertu), d'Ennoia (la Raison) et d'Epistémé (la Science). La salle de lecture de la bibliothèque fut le siège d'un incendie suite au grand séisme de 262 et la façade fut détruite par un autre séisme au Xème siècle. La bibliothèque fut édifiée en l'honneur du gouverneur Tiberius Julius Celsus, par son fils le consul Tiberus Celsus en 114. Plus de 12000 rouleaux étaient déposés dans des niches, un ingénieux système permettait de protéger les ouvrages de l'humidité. Remarquez aussi la façade convexe, ce qui permet  de rendre l'édifice plus élancé et de rendre l'ensemble plus élégant. Pas étonnant que la Bibliothèque attire l’œil de très loin, dès qu’on emprunte la rue des Courètes.


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C'est l'un des plus grands théâtres de l'antiquité: il comportait plus de 24 000 sièges. Au dernier rang de sièges, une galerie à colonnades servait de clôture à la partie supérieure et contribuait à renforcer l'acoustique.


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À huit kilomètres d’Éphèse, c’est dans cette minuscule maison de deux pièces, juchée en montagne, que la Vierge Marie a vécu les derniers jours de sa vie.  La structure a été restaurée mais les pierres foncées sont originales, assure-t-on. La mansarde, convertie en sanctuaire, fut officiellement déclarée reliquaire par l'Église Catholique Romaine en 1896 et Jean-Paul II a voulu s’y recueillir lors de sa visite turque en 1979.

Les lieux sont évidemment devenus un centre de pèlerinage international.


Cette excursion m’a donné l’impression de vivre vraiment des moments privilégiés, comme si, d’un coup de baguette magique, j’avais pu voir de visu quelques reflets de l’Antiquité. Alors, je les partage volontiers avec vous.


NDLR : Ce reportage a été réalisé lors d’une croisière à bord du Star Princess, en octobre 2010.

 


Photos : Royal du Perron

 

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