3 janvier 2008 par Michel Vaïs


L’incomparable Japon : la gentillesse incarnée

Voici quelques détails qui contribuent à l’effet de dépaysement à Tokyo, visité en mars 2006.

À mon premier jour à Tokyo, j’ai fait une marche de trois heures, seul, autour de l’hôtel. En prenant un passage souterrain avec un escalier à chaque bout pour passer de l’autre côté des voies de chemin de fer, j’ai vu deux policiers de chaque côté. Leur rôle semblait consister exclusivement à prendre le vélo de chaque cycliste et à le porter en bas des escaliers, puis à le monter de l’autre côté, pendant que le cycliste marchait simplement à côté d’eux. Je suppose que c’est pour une question de sécurité...

Les taxis, grands et luxueux, ont une porte côté rue qui s’ouvre automatiquement (et se referme) pour laisser entrer les passagers. Le volant des voitures est toujours du côté droit, et les voitures roulent à gauche de la rue, comme en Angleterre. Même dans le métro, il faut se placer à gauche des escalators (les gens nous doublent sur la droite), et toujours prendre les escaliers du côté gauche.

Deuxième jour : j’arrive d’une promenade seul avec ma collègue argentine, Halima. Nous avons visité un jardin japonais, le Kyu-Furukawa, à environ une demi-heure de métro de l’hôtel. Seuls quelques arbres étaient en fleurs, notamment des pruniers et des hibiscus, car les cerisiers ne fleuriront qu’en avril. Mais les allées soigneusement entretenues de plantes variées, le lac avec ses canards, offraient une vue agréable et reposante. Je suis le plus fier d’avoir pu me rendre jusque-là en métro! Il faut savoir que le métro, le tramway, les bus et les trains appartiennent tous à des compagnies privées, et qu’il faut acheter des billets différents selon la ligne que l’on prend. Non seulement c’est cher (à coup de 1,50$ can. par billet), mais il faut acheter les billets à des machines qui s’affichent toutes en japonais. Enfin! Grâce aux indications du personnel très dévoué de l’hôtel, j’ai réussi à me repérer. J’ai même pu lire le nom du jardin Kyu-Furikawa en caractères japonais sur un panneau indicateur! Quant à Halima, elle me fait confiance, car elle se sent complètement perdue... De plus, son anglais est très approximatif.

Environ un Japonais sur dix se promène avec un masque blanc sur le visage. On dit que ce n’est pas seulement parce qu’ils ont le rhume ou la grippe, mais parce qu’ils sont allergiques au pollen de cèdre, dont la saison bat son plein. Les vélos roulent davantage sur les trottoirs que sur la chaussée. Mais les gens ne vont pas vite; ils sont très respectueux.

Surenchère de courbettes

Dès qu’on nous présente quelqu’un, ou qu’on demande son chemin, la personne se livre à une surenchère de sourires et de courbettes. Il paraît qu’on donne même des cours de courbettes aux hôtesses des magasins... L’amplitude de la courbette dépend du rang supposé de l’interlocuteur. Si on est présenté à l’empereur, on ne peut faire autre chose que de ramper!

Dans le foyer de l’hôtel se trouvent en permanence une bonne demi-douzaine de grooms, des gars et des filles, très jeunes. Ils épient les gestes et les regards de tous les clients, et le moindrement que l’on s’approche d’un comptoir ou que l’on semble chercher quelque chose (un ascenseur, le restaurant, une poubelle, le Business Center...), ils accourent pour nous demander, avec des courbettes, s’ils peuvent nous être utiles. Puis, ils nous dirigent vers le bon comptoir.

Il est difficile de reconnaître une poubelle sur les trottoirs ou dans les espaces publics: elles ressemblent à des machines distributrices, avec un trou pour les bouteilles, un autre pour les papiers, un troisième pour le reste.

On se sent très en sécurité ici, les gens sont gentils, propres, serviables, respectueux. Et il suffit de s’éloigner un peu des rues les plus animées pour tomber dans des oasis de calme et de jardins coquets. Seulement, là, les rues n’ont pas de noms et il n’y a pas de numéros de portes. Il faut garder l’œil ouvert sur de grands points de repère, ou alors, demander son chemin en mimant (car presque personne ne parle autre chose que le japonais).

Une hygiène irréprochable

Dans la chambre, j’ai essayé la merveilleuse toilette Toto avec jet d’eau tiède vertical pour laver l’anus. Très agréable. On peut contrôler la force du jet...

Des hommes fringants

Il y a cependant UNE CHOSE embêtante pour les femmes: aux heures de pointe, un tas de jeunes gens pelotent les femmes dans le métro. C’est pourquoi, à l’heure de pointe du matin, il y a quelques wagons réservés aux femmes. Elles peuvent aussi aller dans les autres wagons, mais les hommes n’ont pas le droit d’aller dans les wagons des femmes. Cette consigne ne s’applique pas aux heures de pointe du soir. Pour deux raisons, paraît-il: parce que les retours à la maison sont plus étalés que le départ au boulot du matin, et aussi parce que les jeunes gens sont fatigués, et donc moins fringants!

Efficacité des services publics

À Montréal, il est courant de voir des gens dans l’autobus avec un casque d’écoute. Ici aussi. Mais en plus, à Tokyo, un tas de gens (garçons de table, portiers, gardiens, policiers...) ont aussi un micro sur fil autour du cou. Ils y parlent sans cesse pour que l’organisation soit parfaite en tout temps.

Des citoyens honnêtes

Il paraît qu’on raconte plein d’histoires de touristes (ou de Japonais) qui perdent un portefeuille ou un appareil photo, et qui le retrouvent immanquablement au poste de police le lendemain. Les guides que j’ai achetés disent la même chose: les étrangers n’ont rien à craindre, sauf s’ils commencent à transiger avec la mafia.

Respect des handicapés

Dans le métro, j’ai aussi vu sur le quai un employé attendre la rame avec une planche à la main. Au moment où le métro est arrivé, il a installé sa planche inclinée à un endroit précis, juste devant une porte d’un des wagons, et de cette porte est sorti un passager en fauteuil roulant. L’employé avait été prévenu que, à cet instant précis, de ce wagon et par cette porte, sortirait un passager en fauteuil roulant...

Savoir apprécier la soupe

Après le théâtre, vers 21h30, nous sommes allés manger dans un restaurant. C’est M. Akihiko Senda, éminent critique, président de la section japonaise de l’AICT, qui nous a invités. Du poisson, du poulpe, du poulet, des algues, arrosés de vin de Bordeaux, de la soupe au miso et aux nouilles (il faut aspirer bruyamment la soupe aux nouilles en la mangeant, sinon, les Japonais pensent qu’on n’aime pas ça. Je l’avais dit à ma collègue Halima, car je l’avais lu dans mon guide. Elle ne me croyait pas. Quand elle a entendu M. Senda le faire, elle a pouffé de rire en me disant que j’avais bien raison!). Les plats ne cessaient d’arriver... Ce fut une véritable fête!

Pour en savoir plus : http://www.tourism.metro.tokyo.jp/french/

Photos : Web